Aujourd’hui en France: Happy birthday ! les distributeurs de billets

Aujourd’hui en France: Happy birthday ! les distributeurs de billets

BANQUE Créés il y a cinquante ans, les DAB se réinventent. Retrait par téléphone, publicités ciblées…
Voici à quoi ils ressembleront demain.

Retirer de l’argent de son compte en banque en quelques secondes, sans attendre au guichet, juste en entrant un code dans une machine… Une scène inconcevable jusqu’au 27juin 1967 date de la mise en service du premier distributeur automatique de billets (lire l’ encadré ci-dessous). Les DAB ont 50 ans aujourd’hui. Et, comme toujours à cet âge-là, ils traversent une crise de milieu de vie. Leur influence décline, lentement mais sûrement. Ce sont ainsi l’année dernière 1 200 distributeurs de billets qui ont disparu. RIP les DAB ? (Rest in peace; qu’ils reposent en paix, en français.) Loin de là. Chaque carte bancaire est encore utilisée 22 fois par an pour retirer de l’argent.

MOINS DE RETRAITS DE LIQUIDE MAIS DAVANTAGE DE SERVICES 

Mais l’avenir s’annonce plus sombre. Selon les professionnels du secteur, un distributeur doit, pour être rentable, réaliser aujourd’hui plus de 5.000 opérations par mois contre un peu plus de 3.000 il y a quelques années. Et ce, au moment où la montée en puissance de nouvelles technologies (carte sans contact, paiement par smartphone, etc.) pousse à la disparition du liquide dans les paiements du quotidien. « Mais 55 % des transactions se font encore en cash. Dans cinquante ans, il restera toujours des distributeurs de billets », parie Thierry Crespel, directeur des ventes pour l’Europe d’Auriga, spécialisée dans la conception de logiciels pour automates bancaires. Mais ils n’auront plus la même tête: 10% du parc est renouvelé chaque année.  Les futurs distributeurs multiplieront les services.
«Aujourd’hui, un distributeur ne propose que quatre ou cinq options: retrait d’argent, consultation du solde, etc., rappelle Bruno Savournin, directeur commercial France de NCR, l’un des leadeurs du secteur. Demain,

0,57€ C’est ce que votre banque paye chaque fois que vous retirez de l’argent au distributeur automatique de billets d’un réseau bancaire concurrent.

on pourra envisager n’importe quel service bancaire: prendre rendezvous avec un conseiller, ouvrir uncompte, souscrire à un contrat.. »

Les possibilités sont immenses. «En Italie, une centaine de fonctionnalités sont déjà disponibles sur les DAB, on peut par exemple y acquitter des redevances automobiles », assure Thierry Crespel. Pour l’instant, les banques françaises se limitent à quelques services supplémentaires. «Dès cet été, vous pourrez ordonner un virement depuis certains de nos distributeurs de billets, souligne Gérald Manzanares, directeur du multicanal du Crédit du Nord. Nous étudions aussi la possibilité de retirer de l’argent en utilisant son smartphone.»

La tendance est effectivement à trouver des solutions pour se passer des cartes de paiement. « Nous travaillons sur le retrait d’argent sans carte », affirme-t-on au groupe Crédit agricole. Gérant 16 000 DAB en France, le premier groupe bancaire français, avec 21 millions de clients revendiqués, pourrait lancer une technologie permettant de programmer un retrait d’argent dans un distributeur de billet depuis un smartphone, un ordinateur ou une tablette.

Pour retirer les billets, il suffira de taper un code de sécurité sur le DAB.  Pratique, par exemple, pour permettre à votre ado de retirer de l’argent, sans lui confier votre carte bancaire. Les pubs ciblées selon votre profil vont elle aussi de plus en plus se glisser dans vos opérations de retrait, explique Bruno Savournin: «La banque vous proposera par exemple des crédits automobiles si vous avez 18 ans ou on tentera de vous recruter si vous êtes client d’un autre établissement »

 

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